travail en mer

A quoi servent vos observations ?

Vos observations sont un témoignage naturaliste qui n’a pas de prix, ainsi qu’un acte militant en faveur de l’environnement marin. Grace à elles, personne ne pourra plus prétendre qu’il n’y a presque pas de mammifères marins sur les côtes françaises.

Merci de votre engagement !


Toute personne qui voit un mammifère marin par hasard, depuis la terre, la mer ou les airs : un promeneur depuis la côte, une personne en mer, sur un bateau, un kayak, une planche à voile, etc…, mais aussi parapentiste, un utilisateur d’ULM, de Delta plane, peut fournir ce que l’on nomme une donnée opportuniste, par opposition à la donnée scientifique qui, elle, est toujours associée à un effort de recherche. Données opportunistes et données scientifiques sont complémentaires : ensemble, elles font avancer notre connaissance sur ces animaux.

Que fait OBS MAM avec les observations opportunistes qui vous lui transmettez?

Lorsque que vous transmettez une observation à OBS MAM celle-ci est introduite dans la base de données et traitée par le gestionnaire de la base (le GECC) qui y associe un indice de précision :

  1. L’observation est certaine, aucun doute possible.
  2. L’observation comporte un doute.
  3. L’observation est inexacte.

Concrètement, le gestionnaire de l’Observatoire confirme l’espèce observée ainsi que le jour, l’heure et le lieu de l’observation. S’il y a un doute sur ces informations, le gestionnaire tente de joindre l’observateur pour lui demander des informations complémentaires, et éventuellement des photographies ou des vidéos de l’observation. C’est pourquoi il est important de donner un moyen de vous contacter.

Si le doute est dissipé, l’observation est introduite dans la base de données et un indice de précision 1.

Si le doute demeure, l’observation est introduite dans la base de données avec un indice de précision de niveau 2 ou 3.

A quoi servent les données opportunistes ?

De manière générale, les données opportunistes font partie du « 1er diagnostic » qui aide à l’établissement de priorités d’actions. Elles offrent un éclairage complémentaire sur les enjeux de gestion environnementale.

Les observations opportunistes de mammifères marins sont précieuses, car elles confirment la présence de ces animaux certains jours à certaines heures, dans certains lieux : dans une zone aussi vaste que la mer de la Manche, il s’agit d’une information très importante qui, associée aux observations scientifiques (avec effort de recherche) permettent d’affiner notre connaissance sur la distribution spatiale de ces animaux.

Si le réseau d’observateurs génère suffisamment d’observations validées, il permet alors de suivre des tendances d’évolution des populations ou d’étudier l’interaction avec certains usages.

Certains projets scientifiques peuvent entièrement reposer sur des données opportunistes,  comme par exemple un travail réalisé en collaboration avec « Ailes marines » basé sur des données opportunistes pour évaluer l’interaction avec des éoliennes offshore

À qui OBS MAM transmet-il les données opportunistes qu’il recueille ?

1_Au niveau local

Les données opportunistes servent à des associations et à des organismes de gestion qui travaillent au suivi et à la gestion des populations de mammifères marins, ainsi qu’à des bureaux d’études environnementaux. Elles permettent de réaliser un inventaire et des cartes de répartition de ces espèces et d’apporter un complément de connaissance important à leurs recherches.

Le GECC, par exemple, utilise les données opportunistes dans ses travaux de suivi. En effet, la zone d’étude concernée est particulièrement vaste : le golfe normand-breton dans son ensemble représente plus de 7000 km2. Il est donc impossible au GECC de la couvrir dans son ensemble de manière continue.

Les données opportunistes viennent apporter un éclairage supplémentaire pour évaluer la répartition spatiale des mammifères marins.

Exemple concret du travail effectué au niveau local par le GECC avec les données opportunistes de grands dauphins :

Figure 1 : Localisation des groupes de grands dauphins observés par le GECC entre 2009 et 2013  [observations scientifiques].

Figure 1 : Localisation des groupes de grands dauphins observés par le GECC entre 2009 et 2013 (observations scientifiques).

Figure 2 : Localisation des observations opportunistes de grands dauphins entre 2009 et 2013

Figure 2 : Localisation des observations opportunistes de grands dauphins entre 2009 et 2013

La figure 1 rend compte de la localisation de tous les groupes de grands dauphins rencontrés entre 2009 et 2013 par le GECC (observations scientifiques). Cette carte montre que les groupes sont principalement observés dans l’ouest Cotentin, au sein d’un triangle qui va du cap de la Hague, au nord, à la baie du Mont Saint-Michel, à l’est, et au cap Fréhel, à l’ouest. A cela s’ajoutent quelques observations en baie de Seine, au niveau de Courseulles-sur-Mer, dans le nord Cotentin, au niveau de Cherbourg, et en baie de Saint-Brieuc.

La figure 2 rend compte des observations opportunistes de grands dauphins entre 2009 et 2013. Elle montre une distribution spatiale plus vaste qui s’étend sur tout le littoral allant de Courseulles-sur-Mer à la baie de Saint-Brieuc et qui se concentre principalement le long des côtes et autour des îles anglo-normandes, à l’exception d’Aurigny. Rappelons, toutefois, que ces données ne sont associées à aucun effort de recherche : elles dépendent uniquement de la présence des observateurs sur l’eau.

On peut dire alors que les observations du GECC entre 2009 et 2013 (figure 1) montrent de manière évidente que la population des grands dauphins est essentiellement localisée dans le golfe normand-breton. Les observations opportunistes confirment cette tendance tout en insistant sur le fait que ces animaux sont également vus, de manière fréquente et régulière, dans la baie de Seine occidentale, dans le nord du Cotentin, autour de Guernesey et dans la baie de Saint-Brieuc.

Dans ce cas précis, les observations opportunistes confirment et affinent la connaissance apportée par les données scientifiques. Elles indiquent les lieux à prospecter de manière plus active dans la zone d’étude.

 2_Au niveau régional

Les données opportunistes servent aux DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) : cet organisme, qui œuvre à la préservation de la santé de l’environnement utilise les données opportunistes pour réaliser des documents d’objectif, évaluer la densité et la fréquence de la présence des animaux sur un territoire précis, et, selon les résultats, mettre en place, ou non, des zones particulières de protection.

3_Au niveau national

Les données opportunistes viennent enrichir l’inventaire national du patrimoine naturel français géré par le Muséum d’histoire naturel appelé l’INPN.

>> Qu’est-ce que l’INPN ?

L’article L 411-5 du code de l’environnement impose de réaliser, pour l’ensemble du territoire national terrestre, fluvial et marin, un inventaire national du patrimoine naturel, défini comme « l’inventaire des richesses écologiques, faunistiques, floristiques, géologiques, minéralogiques et paléontologiques ».

Dans ce contexte, l’INPN (Inventaire national du patrimoine naturel) a été initié en 2003 et lancé officiellement en 2005 sur la base des données gérées depuis 1979 par le Secrétariat de la Faune et de la Flore (SFF) du Muséum National d’histoire naturelle (MNHN).

L’Etat en assure la conception, l’animation et l’évaluation. Les régions peuvent être associées à la conduite de cet inventaire dans le cadre de leurs compétences. Le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) assure la responsabilité scientifique des inventaires menés dans ce cadre.

L’INPN est un système mis en place afin d’assurer de manière standardisée la restitution de données de synthèses nécessaires à l’expertise, à l’élaboration de stratégies de conservation et à la diffusion d’informations et de rapports nationaux et internationaux sur le patrimoine naturel français (espèces végétales et animales, milieux naturels et patrimoine géologique).

Les missions de l’INPN sont :

  • assurer le développement d’une banque nationale de référence sur la biodiversité française, permettant la mise en cohérence de données d’origines diverses ;
  • diffuser les données des programmes nationaux de différents types :
    • espace : ZNIEFF, Natura 2000, espaces protégés, inventaire national du patrimoine géologique
    • répartition : inventaires nationaux, inventaires par unité départementale, état de conservation, programmes d’inventaire et de sciences participatives, collections…
    • statut d’espèce : taxonomie, protection et réglementation, menaces (listes rouges…)
  • fournir une information consolidée sur les sujets liés à la conservation de la biodiversité  avec des processus de validation robustes : répartition et bases de connaissance (textes sur les espèces et habitats, iconographie…) ;
  • permettre l’expertise des lacunes et des besoins en matière d’inventaire et de suivi de la biodiversité notamment pour le compte du Ministère de l’écologie ;
  • faire des synthèses et des communications sur l’évolution de la biodiversité et de la géodiversité
  • contribuer aux rapportages nationaux et internationaux (CDDA, INSPIRE, état de conservation directive Habitats…)
 4_Au niveau européen :

Les mammifères marins sont des espèces désignées comme espèces cibles et dignes d’intérêts. Ces pourquoi les informations les concernant sont utilisées dans plusieurs directives européennes.

Les données opportunistes permettent de justifier des recommandations ou des mesures de gestion imposées aux pays membres.

La Directive Européenne “Habitats, Faune, Flore” :

Cette directive, plus communément appelée Directive Habitats, s’applique aux pays de l’Union Européenne depuis le 5 juin 1994. Elle a pour objet d’assurer le maintien de la diversité biologique par la conservation des habitats naturels, ainsi que de la faune et de la flore sauvages. La Directive Habitats prévoit la mise sur pied d’un réseau de zones protégées baptisé Réseau Natura 2000. De plus, la protection des oiseaux fait l’objet d’une directive particulière (Directive Oiseaux).

L’article 17 de la directive européenne Habitats prévoit la mise à jour des connaissances tous les six ans, ainsi que l’élaboration de rapports de synthèse :

  • Tous les six ans à compter de l’expiration du délai prévu à l’article 23, les états membres établissent un rapport sur l’application des dispositions prises dans le cadre de la présente directive. Ce rapport comprend notamment des informations concernant les mesures de conservation visées à l’article 6 paragraphe 1, ainsi que l’évaluation des incidences de ces mesures sur l’état de conservation des types d’habitats de l’Annexe 1 et des espèces de l’Annexe 2 et les principaux résultats de la surveillance visée à l’article 11. Ce rapport, conforme au modèle établi par le comité, est transmis à la Commission et rendu accessible au public.
  • La Commission élabore un rapport de synthèse sur la base des rapports visés au paragraphe 1. Ce rapport comporte une évaluation appropriée des progrès réalisés et, en particulier, de la contribution de Natura 2000 à la réalisation des objectifs spécifiés à l’article 3. Le projet de la partie du rapport concernant les informations fournies par un état membre est soumis pour vérification aux autorités de l’état membre concerné. La version définitive du rapport est publiée par la Commission, après avoir été soumise au comité, au plus tard deux ans après la réception des rapports visés au paragraphe 1 et adressée aux états membres, au Parlement européen, au Conseil et au Comité économique et social.
  • Les états membres peuvent signaler les zones désignées en vertu de la présente directive par les panneaux communautaires conçus à cet effet par le comité.

La Convention OSPAR (convention pour la protection du milieu marin en Atlantique du Nord-Est)

OSPAR est le mécanisme par lequel quinze gouvernements des côtes et îles occidentales d’Europe, avec l’Union européenne, coopèrent pour protéger l’environnement marin de l’Atlantique du Nord-Est. Cette coopération a débuté en 1972 avec la Convention d’Oslo sur les immersions. Son champ a été étendu aux pollutions d’origine tellurique et à l’industrie pétrolière par la Convention de Paris en 1974. Enfin, ces deux conventions ont été unifiées, mises à jour et étendues par la Convention OSPAR en 1992 (. La nouvelle annexe sur la biodiversité et les écosystèmes a été adoptée en 1998 pour couvrir les activités humaines non-polluantes qui peuvent avoir un effet négatif sur la mer.

OSPAR est ainsi nommée en raison des Conventions originales d’Oslo et de Paris (“OS ” pour Oslo et “PAR” pour Paris).

Les quinze gouvernements sont les suivants: la Belgique, le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, l’Islande, l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, le Portugal, l’Espagne, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord. La Finlande n’est pas située sur les côtes occidentales d’Europe, mais une partie de ses rivières se déverse dans la mer de Barents; de plus la Finlande a été historiquement impliquée dans les efforts pour contrôler l’immersion des déchets dangereux en Atlantique et en Mer du Nord. Le Luxembourg et la Suisse sont Parties contractantes, car ils sont situés dans les zones de captation du Rhin.

La directive cadre stratégie pour le milieu marin (DCSMM)

La DCSMM, datée du 17 juin 2008, établit un cadre d’action communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin. Elle a été publiée le 25 juin 2008. Elle constitue le pilier environnemental de la politique maritime intégrée de l’Union européenne.

Ce cadre législatif doit renforcer la cohérence entre les différentes politiques et favoriser l’intégration des préoccupations environnementales dans d’autres politiques telles que la politique commune de la pêche (PCP).

Les objectifs environnementaux définis dans le cadre de la DC SMM devront être pris en compte dans ces politiques.

 5_Au niveau international.

Les données opportunistes permettent d’enrichir l’information d’associations européennes et internationale, telles que la liste rouge de l’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Les données opportunistes sont également utilisées dans le rapport annuel de la CBI (commission baleinière internationale).

 

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